L’élection de Desi Bouterse à la présidence du Surinam provoque des réactions plutôt optimistes de part et d’autre du fleuve frontière Maroni.
Desi Bouterse, ex et nouvel homme fort du Surinam © AFP
Personnage controversé et toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Desi Bouterse a néanmoins été réélu par le Parlement surinamais par 36 voix sur 50 ce lundi 19 juillet. La communauté surinamaise de Guyane a réagi favorablement à cette nouvelle.
A Cayenne, les Surinamais ont l’espoir que leur pays retrouve un dynamisme économique et social perdu depuis une décennie. Ils souhaitent une véritable politique de l’emploi, du logement et une restructuration du Surinam. Pour les membres du Parti démocrate national (le parti présidentiel), l’arrivée de Desi Bouterse au pouvoir ouvre de nouvelles perspectives au Surinam. Il leur apparaît comme le meilleur pour redresser cette région et rétablir notamment des relations de coopération véritables avec la Guyane.
Sur les rives du Maroni, si certains habitants d’Albina (commune frontalière du Surinam) n’oublient pas la guerre civile et les massacres perpétrés dans les années 1980, d’autres préfèrent oublier l’histoire et adopter une attitude pratique. Ils attendent maintenant la concrétisation du programme du nouvel élu, basé sur le développement de l’éducation et de l’emploi. Dès sa prise de fonction au mois d’août, Desi Bouterse compte mettre en place un plan de cent jours pour changer le Surinam.
Léon Bertrand, maire de Saint Laurent, s’est déclaré confiant sur la volonté du nouveau président d’accueillir tous les Surinamais qui avaient fui leur pays durant la guerre civile.
DESIRE DENALO BOUTERSE
Agé de 64 ans, Bouterse fut instructeur dans l’armée avant d’être colonel, chef des armées puis politicien du Nationale Democrastsche Partij (NDP).
Il prend le contrôle du pays grâce à un coup d’Etat le 25 février 1980 et instaure un régime militaire. Malgré un Président de la République en exercice, il reste de facto le dirigeant de la nation jusqu’à sa démission en 1988.
Durant cette période agitée du Surinam, il est accusé d’être à l’origine de massacres notamment dans le village des Noirs marrons de Moiwana en 1986.
Durant les années 1990, il est accusé de trafic de drogue et est condamné par contumace par un tribunal des Pays-Bas en 1999. Depuis, un mandat d’arrêt international l’empêche de quitter le territoire. Dans son propre pays, il encourt également 20 ans de prison pour le meurtre de 15 opposants lors de la guerre civile en 1986.
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