Nicolas Sarkozy à Cayenne © France Ô
Le président Sarkozy a adressé ses vœux à l’Outre-mer, défendant son bilan et revendiquant la responsabilisation des territoires d’Outre-mer.
"J’ai la conviction absolue que la France peut vous offrir en son sein un espace de liberté pour que vos identités puissent d’épanouir ". Nicolas Sarkozy est en fin de mandat, mais ce dimanche, c’est une opération séduction qu’il a offert à l’Outre-mer en général, et à la Guyane en particulier.
Le président n’a pas manqué de tacler Français Hollande, candidat socialiste à la présidentielle qui était en Guyane moins d’une semaine avant le chef de l’Etat. "N’écoutez pas ceux qui sont craintifs à l’idée de vous donner plus de responsabilités", a-t-il déclaré, faisant référence aux propos du candidat socialiste qui, en Guadeloupe le 14 janvier reprochait à l’Etat un "désengagement" dans tous les domaines.
Le président a également relevé les jeux de mots de François Hollande prononcé à cette même occasion. Ce dernier comparait le développement endogène, prôné par l’UMP à un développement "indigène". " Je ne m’y serai pas risqué, a répondu Nicolas Sarkozy. Faut pas plaisanter avec ça ".
La responsabilisation des territoires ultramarins a été au cœur du discours présidentiel. Le discours s’est d’ailleurs ouvert sur une citation du poète Martiniquais Aimé Césaire. "La France n’hésitera pas à accorder aux ultramarins davantage d’autonomie sur le plan institutionnel, diplomatique, économique et culturel" a-t-il poursuivi. Le développement endogène, "c’est plus de formation, plus de production, plus de pouvoir et plus de filière locale", a-t-il insisté, s’indignant que l’importation de matière première soit trop souvent l’unique solution Outre-mer.
Les richesses guyanaises
Après avoir rendu hommage au travail de Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, le chef de l’Etat s’est adressé à tous les ultramarins, mais s’est longuement attardé sur le cas spécifique de la Guyane, le département qui l’accueillait. "Les Guyanais doivent bénéficier des justes retombées de leurs richesses (…) les retombées du pétrole doivent revenir directement aux Guyanais sans passer par la case budget de l’Etat" a-t-il assuré déclenchant une salve d’applaudissements dans la salle. Nicolas Sarkozy a également fait références aux mines d’or et à l’"exceptionnelle" biodiversité de la Région. Sur ce dernier point, il a annoncé avoir donné l’autorisation au Conseil régional de gérer la biodiversité du territoire et les éventuels bénéfices scientifiques et financiers de ses richesses naturelles.
Après s’être félicité de la mise en place de la collectivité unique en Guyane et à la Martinique, il a mis en garde la Guadeloupe qui n’a pas encore franchi le cap, et dont le président de Région n’est autre que Victorin Lurel, fidèle lieutenant et conseiller pour l’Outre-mer de François Hollande. " Pas d’arrangements entre élus sans l’accord de la population ", a-t-il rappelé.
Le chef de l’Etat a profité de l’occasion pour annoncer deux déplacements Outre-mer, en Polynésie et à la Réunion sans en préciser les dates. Il a rappelé sa détermination a lutter contre l’insécurité et garanti le développement de dispositifs pour la jeunesse, gangrenée par des taux de chômages très largement supérieurs à la moyenne nationale. "Le service militaire adapté ne suffit pas", a-t-il reconnu avant de promettre un nombre plus important de contrats uniques d’insertions et de doubler le nombre de jeunes en apprentissages Outre-mer.
Autres promesses : créer d’une agence pour la diffusion des cultures des Outre-mer, et renforcer activement la lutte contre l’illettrisme, "une priorité absolue". "J’ai un objectif très ambitieux : la réduction de moitié en 10 ans de l’écart entre la métropole et l’Outre-mer". Il a également nommé Daniel Maximin "délégué général pour l’action culturelle internationale des collectivités d’outre-mer."
Vote des étrangers
Le discours, d’une cinquantaine de minutes, a été l’occasion de rappeler son opposition au vote des étrangers, s’inquiétant de ses conséquences en Guyane, à Mayotte ou à Saint-Martin, où les étrangers constituent respectivement 37%, 40% et 36% de la population. Il a également cité le cas de la Nouvelle-Calédonie, où la
question de la composition du corps électoral est hautement sensible.
L’allocution s’est conclue par une citation du Guyanais Léon Gontran Damas dont le centenaire sera célébré cette année. "Vous êtes la France des fleuves mêlés, n’ayez pas peur de ce métissage". C’est à ce moment, qu’à 7 000 kilomètres de là, au Bourget, François Hollande, a ouvert son premier grand meeting de campagne, au cours duquel il n’a a aucun moment fait référence à celui qui, bien que non déclaré, s’annonce comme son rival numéro un dans la course à la présidentielle. Néanmoins, le socialiste a cité à deux reprises l’Outre-mer, déclarant notamment qu’il rêvait d’une France "où l’Outre-mer apportera sa diversité".
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