La fédération relève des similitudes entre les conditions dans lesquelles s’est déroulé le forage au Brésil d’où est survenue la pollution et la prospection de la Tullow Oil au large de la Guyane.
La fuite de pétrole brut localisée le 8 novembre dans un puits sous-marin s’est étendue sur 12 km² à 300 kilomètres des côtes du sud du Brésil ©AFP
La fuite de pétrole brut localisée le 8 novembre
dans un puits sous-marin en cours de forage au sud du Brésil a tôt fait
d’attirer l’attention de Guyane Nature Environnement : « Cette marée noire au large du
Brésil nous interpelle parce que les données sont à peu près les mêmes (qu’en
Guyane, NDLR) », considère Christian Roudgé, coordinateur de Guyane Nature
Environnement. La fédération relève en effet
des similitudes entre le forage brésilien et celui qui a permis de trouver du
pétrole au large des côtes guyanaises. Dans les deux cas, il s’agit de
recherche pétrolière en grande profondeur qui présente selon Guyane Nature Environnement
« un risque de surpression pouvant générer une marée noire ».
Des faiblesses dans la prise en compte des risques
La fédération s’intéresse aussi aux plans de réponse aux pollutions et repère des faiblesses dans la prise en compte des risques. Au Brésil, les autorités n’ont pu que constater les dégâts après l’accident de la plateforme de Chevron avant de pouvoir résorber une nappe de pétrole en mer de 12km² en surface. Au total, cette fuite correspondrait à 2400 barils de pétrole répandus entre le 8 et le 15 novembre dans l’océan selon le président de Chevron Brésil, alors que l’Agence brésilienne du pétrole l’estime à 3000 barils et l’ONG écologiste SkyTruth à 29 904 barils (4.000 tonnes). « Cela montre qu’extraire du pétrole en mer n’est pas chose facile », a déclaré à l’AFP Adriano Pires, directeur du Centre brésilien d’infrastructure. « On voit bien que quand la catastrophe survient les choses ne sont pas prêtes et que tout le monde panique », commente pour sa part Christian Roudgé.
Guyane Nature Environnement réclame par ailleurs que la population soit « réellement informée » des enjeux d’une telle activité.
Pendant que le Brésil lutte contre une nappe de pétrole, le gouvernement français planche sur une taxe permettant à la Guyane de bénéficier de retombées économiques suite à la découverte d’hydrocarbures. La ministre chargée de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard a présenté au Sénat un amendement visant à créer une taxe. L’amendement a été rejeté par les sénateurs. Auparavant, mercredi, la Commission des finances adoptait l’amendement de la députée Christiane Taubira créant une redevance régionale sur l’exploitation de pétrole en Guyane.
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